Page 8 - Magazine Essentiel n25

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e corps physique est une porte qui permet
d’atteindre la plus haute connaissance
de soi et de mettre en mouvement des
énergies subtiles qui influencent la vie
quotidienne, la destinée, le monde. En
plaçant le corps dans certaines vibrations, dans cer-
taines énergies, on lui permet de se libérer d’énergies
malsaines et de s’auto-guérir, c’est-à-dire de renouer
avec la conscience supérieure et de donner un sens
profond à tous les actes de la vie quotidienne. Il y a
dans le corps une puissante capacité à s’auto-régé-
nérer, à s’harmoniser, à se replacer dans le vrai. Mais
en général, le corps ne peut pas accéder à ce pouvoir
car il subit sans arrêt des pressions, tant du monde
extérieur que du monde intérieur. En pratiquant des
exercices de méditation en mouvement, beaucoup
ont été surpris par les perceptions, les états d’être,
les émotions, les images intérieures qui remontaient
à la surface. Certains vivent cela comme un véritable
nettoyage en profondeur, une libération, une désin-
toxication ; d’autres comme une prise de conscience,
comme un éveil, une découverte d’une autre partie
d’eux-mêmes jusqu’ici délaissée, ignorée.
S’ouvrir à la vie
Imaginons un homme vivant dans une maison où tous
les volets sont hermétiquement fermés de telle sorte
qu’aucune lumière ne puisse pénétrer à l’intérieur. Il
vit dans le noir le plus complet sans jamais sortir. On
peut concevoir qu’au bout de plusieurs années, il se
sera habitué à cette situation et qu’il aura développé
toute une sensibilité lui permettant de se déplacer
dans le noir avec aisance. Peut-être même ses yeux
seront-ils atrophiés ? Peut-être aura-t-il développé
une peur de la lumière, n’en voyant plus l’utilité, la
beauté ? Peut-être inventera-t-il des théories pour jus-
tifier l’inutilité de la lumière ?
L’acte d’ouvrir les volets de la maison pour laisser la
lumière inonder l’intérieur est peut-être celui qui ca-
ractérise le mieux l’expérience de la méditation. C’est
simple, mais ça change toute la vie.
La voie de la liberté
La méditation débute par un éveil de la conscience,
par un besoin fondamental d’y voir plus clair, de
mettre de l’ordre en soi, de s’harmoniser, de se recen-
trer. Celui qui comprend que quelque chose ne va pas
dans sa vie va automatiquement chercher le moyen
de résoudre le problème. C’est un processus naturel.
La méditation consciente est à la fois un voyage, une
pratique de transformation, un acte de courage qui
donne de la force.
C’est essentiellement une pratique qui mène à la li-
berté ; je dirai même que c’est la porte de la liberté,
sa condition. Celui qui ne pratique pas la méditation,
d’une façon ou d’une autre, ne pourra pas connaître
la véritable liberté car il demeurera toujours incons-
cient des multiples forces et influences invisibles qui
dirigent sa vie et le poussent à l’action. Peut-on réelle-
ment parler de liberté pour un homme qui ne peut pas
choisir et qui est inconscient ?
Du point de vue de la méditation, la question de
la liberté est fondamentale. En général, celui qui
ne connaît pas la méditation pense que la liberté
consiste à faire tout ce qui lui passe par la tête. En
réalité, une telle liberté est un malheur, une calamité,
une anarchie, un désordre. Il y a toujours une victime
dans une telle histoire.
En ouvrant l’espace de la vie intérieure, la méditation
montre que la véritable liberté résulte d’une discipline
intérieure et d’une communion avec une conscience
supérieure.
Du visible à l’invisible
Pour le monde visible seules les surfaces existent,
seule l’apparence est prise en compte et la perception
ne peut pas remonter au-delà du petit moi éphémère.
Pour le monde invisible, le champ d’investigation est
beaucoup plus large car au-delà du moi existent des
influences spirituelles et aussi le moi supérieur. Ces
expériences sont assez difficiles à décrire. La médi-
tation pousse naturellement à l’intériorisation, ce qui
a pour effet de rendre vivante la vie intérieure. Les
idées, les pensées, les états d’âme, les désirs appa-
raissent comme un monde à part entière et même
comme des être vivants et agissants. Certaines idées
sont malades et conduisent celui qui les invite en lui
vers la maladie. D’autres sont bénéfiques et saines et
elles procurent toutes sortes de protections, de béné-
dictions. C’est là que le discernement intervient car un
être peut très bien comprendre que tous les malheurs
qui lui arrivent dans la vie proviennent d’une pensée
que le monde a mise en lui et dont il était inconscient.
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