Page 51 - Magazine Essentiel n25

Version HTML de base

N
ATURE ET SAGESSE
50
Magazine
ESSENTIEL
e suis une fille de la nature, je l’aime pro-
fondément. J’aime ses couleurs, j’aime
ses odeurs, j’aime ses formes. En France,
j’ai cheminé pendant des années aux
bords de la Loire. Je me suis émerveillée
devant tous les cadeaux qui m’étaient offerts, de la
prunelle sauvage à la pomme acide, de la lépiote
élevée, au tapis de girolles. J’ai dégusté les mets
les plus exquis de celle que les peuples premiers
ont appelé la Mère-Terre. Ceux qui ont ouvert leurs
yeux en grand pour saisir l’éternité derrière un coucher
de soleil sauront de quoi je parle, lorsqu’un soir d’au-
tomne, après une promenade au grand air, lorsque les
cellules du corps sont imprégnées d’une magie subtile
qui leur redonne nouvelle jeunesse, on laisse fondre
dans sa bouche une châtaigne dorée aux braises d’un
feu chaleureux... Là, on comprend que le Tout est dans
le Tout, que la saveur d’une simple châtaigne nous
offre les parfums d’une forêt entière et nous unit à
une générosité sans limites, un amour inconditionnel.
Alors, jour après jour, on remercie la vie, le soleil, l’eau,
l’air, la terre, le feu.
SAVOIR DIRE « NON »
Les arbres malades de la pollution massive, ceux
qui sont enchaînés jusque dans leurs racines par un
goudron bien chaud, ceux qui sont abattus au bord
des routes parce qu’ils dérangent une pensée recti-
ligne, remplissent leur cœur de larmes de douleur et
font monter dans leurs veines la révolte du guerrier
de lumière – celui qui sans fin, de vie en vie, marche
sur la terre, comme un homme, une femme véritable
digne, respectueux de tous les règnes. L’homme véri-
table regarde son enfant dans les yeux et peut lui
dire : « Oui, tu as trois ans, quatre, cinq ans, mais tu
as raison, cette poule est un peu serrée dans sa cage,
ses ailes sont un peu cassées. C’est pour gagner de
l’espace qu’ils disent ! »
Le champ à côté, il est libre, il est vaste... Elle pourrait
gambader, la poule, oui, mais le champ il est réperto-
rié. Il est classé. Par qui ? Il a une fonction déterminée.
L’homme et la femme véritables disent NON à une
humanité sans âme, NON à la guerre visible et invi-
sible, NON aux OGM, NON à la barbarie, NON à la
manipulation de la pensée.
LA SAGESSE DES PEUPLES PREMIERS
Depuis la nuit des temps, l’être humain a su recourir
à l’utilisation thérapeutique des gemmes ou des végé-
taux pour soulager d’innombrables malaises ou pour
développer et renforcer ses contacts et rituels avec
les forces invisibles de l’univers. Certains hommes et
femmes qui ont travaillé avec ces forces ont été appe-
lés hommes médecine, chamans, druides, sorcières.
C’était tout simplement des êtres humains en har-
monie avec la nature. Ils existent encore aujourd’hui
de par le monde, parmi ceux que l’homme « civilisé »
nomme « peuples autochtones ».
Les peuples natifs représentent, selon l’ONU, 300 mil-
lions de personnes qui continuent à entretenir un rap-
port privilégié avec la nature. Ils la respectent et la
vénèrent. Selon une étude, parmi les 119 plantes de
base utilisées dans la fabrication de nos médicaments,
74 pour cent auraient été découvertes bien avant par
les Autochtones. La culture autochtone représente
un véritable trésor pour le reste de l’humanité. Mal-
heureusement, certains scientifiques peu scrupuleux
n’hésitent pas à soutirer aux chamans leurs secrets
ancestraux de guérisseurs pour ensuite déposer des
brevets pharmaceutiques. Notre civilisation industrielle
et technologique est responsable de la plupart des
chamboulements climatiques et écologiques, en plus
de l’invasion des terres, des privations des cultures,
parfois du génocide des peuples premiers.
La Terre-Mère ne peut plus supporter l’injustice et
les agressions dont les peuples premiers et la nature
sont victimes. L’homme moderne se coupe de tout un
savoir que d’autres ont su préserver.
Un proverbe amérindien dit ceci : « Quand le dernier
arbre sera abattu, la dernière rivière empoisonnée, le
dernier poisson pêché, alors vous découvrirez que l’ar-
gent ne se mange pas. »
CUEILLIR LES PLANTES AVEC RESPECT
Les végétaux enseignent bien volontiers la manière
de les utiliser à l’homme. Une majorité de plantes se
réjouissent même de s’offrir directement à lui. Pour
certaines, c’est comme si elles avaient été crées pour
faire partie d’une chaîne de nutriments destinée aux
êtres humains et aux animaux.
J