Page 35 - Magazine Essentiel n25

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Et cette force, qui n’était pas négative à la base, a
tout envahi, simplement parce que les hommes l’ont
nourrie et entretenue. Le serpent, qui est la vie même
de Dieu, est fondamental et doit donc être étudié.
Dans notre corps, il y a réellement un serpent par
lequel nous sommes associés, soit à un monde de
l’homme, soit à un monde divin. Ce serpent n’est pas
négatif, mais il n’a pas le choix : si l’homme est bête, il
entre en lui, dans ses paroles, dans ses yeux, et il finit
par l’asservir et l’utiliser pour donner la puissance au
monde de l’homme. Par contre, si l’homme le conduit
dans la sagesse, ce serpent se met au service de Dieu.
C’est le même serpent. Si nous traversons la tentation
qu’il nous présente et que nous montrons qui nous
sommes, il se met au service du monde divin. C’est
la même énergie, qui devient bonne ou mauvaise en
fonction de ce que nous en faisons. Dieu a autorisé la
création du serpent tentateur, car la vie est une école
et nous devons apprendre à nous individualiser et à
développer le savoir. Pour cela, nous nous réincarnons
à travers les siècles et nous récoltons ce que nous
avons semé. Si nous avons semé la bêtise, nous
récolterons la bêtise jusqu'à ce que nous décidions de
nous éveiller et que nous retournions vers notre âme.
Le serpent tentateur a son rôle, pour lequel nous
devons avoir du respect ; il n’est pas un ennemi, il n’est
pas unmal, il est même nécessaire, car sans lui, il n’y a
pas de liberté ; il est l’homme lui-même. Les hommes
doivent être éduqués et amenés vers un chemin où ils
peuvent voir par eux-mêmes et choisir en toute liberté
à qui ils veulent donner la puissance dans leur vie. Si
nous arrivons devant le tentateur sans être éduqués,
initiés, il s’empare de nous. Il nous donne tout un
environnement dans lequel nous pouvons vivre – et
même être heureux –, mais en même temps, il nous
endette pour que nous lui appartenions et que nous
soyons un esclave docile. Le terme « esclave » peut
sembler au premier abord exagéré, mais il n’en est
rien. L’homme est réellement esclave d’un monde qui
l’enchaîne dans la roue des réincarnations à travers
la loi du karma.
Se libérer du serpent tentateur
par l'observation de soi
Nous sommes venus sur la terre pour être confrontés
au mal et ainsi montrer notre valeur. Dans notre vie,
nous allons rencontrer le serpent tentateur sous
plusieurs formes et il va nous tester, il va même nous
piéger. Il va nous emmener à l’endroit précis où nous
sommes faibles et il va « appuyer sur le bouton » pour
voir comment nous réagissons. Il va nous pousser à
commettre des offenses envers Dieu, envers la vie. Ce
qu’il veut, c’est devenir notre dieu.
La Genèse a stigmatisé le serpent en faisant de lui le
grand tentateur, mais il n’y a pas de mal en soi : le mal
est simplement une mauvaise utilisation de quelque
chose, un détournement. Ce n’est pas la chose en elle-
même qui est mal, mais ce que nous en faisons. Même
dans la mauvaise pensée, même dans l’acte négatif, il
n’y a pas de mauvais ; il y a des lois de causalité. Par
exemple, une mauvaise pensée n’a rien de définitif,
elle est un être en mouvement ; cet être apparaît
comme mauvais, mais avec le temps, il peut devenir
bon. Si nous nous trompons à un moment donné de
notre vie, nous serons amenés à rectifier le tir. Le fait
de nous être trompés va engendrer des mondes et
des mondes de causalité comme des cercles sans
fin et il faudra une sagesse supérieure pour arriver à
redresser la situation, mais cette sagesse existe.
Ce que veut le serpent tentateur, c’est être libéré :
il attend un sauveur. Ainsi, il n’y a pas de différence
entre le serpent tentateur et le serpent de la sagesse ;
c’est le même serpent, le même être. Il est la vie elle-
même. Ce que cherche ce serpent, c’est à entrer dans
un être fiable, un être qui a un corps stable et des
structures solides et qui va le conduire jusqu’à la porte
de la Lumière, dans la discip line et la droiture. C’est le
chemin de la méditation, de l’étude, du redressement.
Si l’être n’est pas fidèle et vrai, c’est la force de la
destruction qui apparaît. Soit c’est l’harmonie, soit
c’est la dysharmonie ; soit c’est l’intelligence, soit
c’est la bêtise. Si nous sommes dans la bêtise, ce
serpent nous détruit. Par contre, si nous sommes
dans l’intelligence, il se met à notre service, c'est-à-
dire au service de Dieu.
Le tentateur va se présenter à nous comme une
voix, comme une pensée, à travers une parole, une
rencontre… Il va venir d’une façon ou d’une autre pour
nous mettre dans la faiblesse. Il y aura des moments
d’épreuve, et nous verrons alors si nous vivons pour
notre corps, pour ce qui est mortel, ou pour ce qui est
immortel et grand, si nous parlons avec notre âme.
Dans notre cheminement vers le Père, le serpent est
toujours là ; nous ne pouvons aller vers Dieu sans lui.
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