Page 18 - Magazine Essentiel n25

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a chirologie, cette science ancienne a au
moins autant de qualité et de véracité
que la graphologie chère aux cabinets
d’embauche. Avant toute chose, rappe-
lons la différence, fondamentale, entre
chirologie
et chiromancie. Cette dernière est une ten-
tative de préd
ire l’avenir par la lecture de signes sur
la main, tandis
que la chirologie relie la physiogno-
monie (lecture de
la forme et des lignes) de la main
avec les traits du c
aractère et, pour les Chinois, les
variations de l’énergie
interne.
D’où vient la
chirologie ?
Il semble que l’origine de la chir
ologie en Chine soit
indépendante des trois grandes religions
: taoïsme,
confucianisme et bouddhisme. Ensuite, cet art fut
certainement fortement influencé par le taoïsme,
le bouddhisme et par la chirologie de l’Inde. On cite
souvent le premier traité de chirologie écrit au IIe
siècle av.
J
.-
C. par Siu Fu.
L’influence taoïste
Sa particularité est de proposer des interprétations
ç
formulées de fa on mesur
ée
.
Elle
e
st d
e
tend
ance
mantique (prédiction), mais propose une inter-
prétation dans laquelle les difficultés annoncées
peuvent être évitées ou contournées. On cite sou-
vent l’exemple d’une carte topographique : il est pré-
férable de connaître les embûches sur le chemin de
façon à contourner les plus grands obstacles !
Dans l’école taoïste, la chirologie fut souvent liée
étroitement à l’art de l’interprétation du visage : la
physiognomonie. L’école taoïste monastique de Hua
Shan considérait ainsi cinq arts taoïstes :
la médecine traditionnelle ;
l’art divinatoire ;
la physiognomonie et la chirologie ;
les biorythmes et l’astrologie traditionnelle ;
les exercices d’alchimie interne (Nei Gong).
Parmi ces arts, la physiognomonie et la chirologie
étaient considérées comme des méthodes s’ap-
puyant sur le bon sens et les signes visibles.
L’inf
luence boud
dhiste
L’école bo
uddhiste, de tendance
taoïste et tantr
ique
(liée au Grand
Véhicule, au bouddh
isme du Diaman
t),
traite la main c
omme un mandala
: elle en interprè
te
la forme des pha
langes, des coul
eurs, des lign
es,
aux trois niveaux ma
tériel, énergé
tique, et spiritue
l,
qu’elle relie à la dimen
sion karmi
que. Cette école
est
nommée Mi-Tsung, c’est
celle
du bouddhisme cac
hé,
ésotérique (qui enseigne par exemple des exerc
ices
de Qi Gong ayant le pouvoir de régénérer la mo
elle
osseuse). L’école bouddhiste emploie le syst
ème
symbolique des Cinq Éléments fondamentau
x qui
furent d’abord employés en Inde, puis en G
rèce et
au Moyen-Orient, et influencèrent enfin le
s sciences
ésotériques occidentales :
1.
Terre (solidité, cohésion)
2.
Eau (fluidité)
3.
Feu (action, énergie)
4.
Air (mobilité)
5.
Éther (vacuité)
Main droite / main gauche
L’examen de la main s’effectue des deux côtés. Tra-
ditionnellement, la main gauche (Yang, car située
plus proche du cœur) représentait le côté actif et
actuel de la personne, et le côté droit les influences
du passé (Yin, car elle représente le sang). Ce point
de vue est en accord avec la médecine traditionnelle
chinoise qui considère le côté gauche comme plus
actif, plus Yang que le côté droit. D’autre part, dans
certaines écoles, la main gauche était examinée en
priorité pour les hommes gouvernés par le Qi, et la
main droite des femmes retenait toute l’attention car
celle-ci est reliée au sang (Xue).
Cette interprétation est exactement le contraire de
la chirologie occidentale qui interprète la main droite
comme celle des réalisations et la main gauche celle
des tendances héréditaires. Ce point de divergence
ne doit pas nous faire oublier que les deux mains sont
importantes, que chacune peut avoir des précisions
complémentaires et que l’interprétation énergétique
de la main est avant tout un art de combiner et de
synthétiser nombre d’informations qui semblent
contradictoires. On ne peut donc jamais se fier à un
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